Flux d'actualités

Clint Eastwood, le héraut de l’Amérique profonde

octobre 2017

#Divers

« [Donald Trump] tient quelque chose, car tout le monde est secrètement fatigué du politiquement correct […]. Nous sommes d'une génération de lavettes. Tout le monde marche sur des œufs. […] Et quand j’ai fait Gran Torino, même mon associé m’a dit : c’est vraiment un bon scénario, mais il est politiquement incorrect[1]. » Dernier artiste à soutenir ouvertement le candidat républicain avant les élections américaines de 2016, Clint Eastwood affligeait une fois de plus la presse française par ce positionnement politique. Pour ses détracteurs, le spectre de l’inspecteur Harry, avec la cohorte d’adjectifs censés le qualifier idéologiquement – misogyne, fasciste, réactionnaire – revenait pour incarner toutes les dérives potentielles d’une Amérique séduite par le populisme du milliardaire. C’est oublier un peu vite que le cinéaste, au fil de cinquante ans de carrière, a représenté toutes les facettes de la mythologie américaine, même les plus gênantes : de l’individu seul face au système à la protection de la communauté, en passant par la célébration des vétérans de gu

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !

Ghislain Benhessa

Avocat, il enseigne le droit public à l'université de Strasbourg. Il a récemment publié l'État de droit à l'épreuve du terrorisme (L'Archipel, 2017). 

Nathalie Bittinger

Agrégée de lettres modernes et maître de conférences en études cinématographiques à l'université de Strasbourg, elle a publié 2046 de Wong Kar-wai (Armand Colin, 2007) et a dirigé Cinémas d'Asie. Nouveaux regards (Presses universitaires de Strasbourg, 2016) ainsi que Dictionnaire des cinémas chinois. Chine, Hong Kong, Taiwan (Hémisphères/Maisonneuve et Larose, 2019). …