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Aujourd'hui

Contre la réduction de l’œuvre de Lefort à la question politique, il faut rappeler son ancrage anthropologique et historique. En témoigne l’attention à l’idéologie contemporaine qui rend invisible le politique par sa réduction au marché et invente une fiction de communauté par la machine à communiquer numérique.

Pour Éric Lefort,

«En s’efforçant de déchiffrer ce qui lui est le plus proche, le penseur politique se laisse entraîner dans de multiples défilés; il peut souhaiter non pas survoler les temps et les espaces, mais les traverser, pour mieux saisir la configuration de son propre espace-temps, pour déceler au moins des questions dernières; mais, au mieux de sa tentative, ces questions paraissent d’une telle généralité qu’elles ne font – si forte soit par moments son assurance d’avoir découvert les principes d’où se déduisent toutes les conséquences – que le remettre au contact de l’énigme singulière que lui pose le présent. La pensée du politique excède le cadre de toute doctrine et de toute théorie[1].»

Claude Lefort

Avec Paul Ricœur, Cornelius Castoriadis, Hannah Arendt et Pierre Hassner, Claude Lefort est l’un des auteurs qui aura le plus compté à Esprit entre 1975 et le début des années 2000[2]. S’il est normal que l’auteur d’une œuvre exceptionn

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Olivier Mongin

Directeur de la revue Esprit de 1989 à 2012   Marqué par des penseurs comme Michel de Certeau, qui le pousse à se confronter au structuralisme et l'initie aux problématiques de la ville et aux pratiques urbaines, Claude Lefort et Cornelius Castoriadis, les animateurs du mouvement Socialisme ou Barbarie, qui lui donnent les outils à la fois politiques et philosophiques de la lutte…

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Largement sous-estimée, l’œuvre de Claude Lefort porte pourtant une exigence de démocratie radicale, considère le totalitarisme comme une possibilité permanente de la modernité et élabore une politique de droits de l’homme social. Selon Justine Lacroix et Michaël Fœssel, qui coordonnent le dossier, ces aspects permettent de penser les inquiétudes démocratiques contemporaines. À lire aussi dans ce numéro : un droit à la vérité dans les sorties de conflit, Paul Virilio et l’architecture après le bunker, la religion civile en Chine, les voyages de Sergio Pitol, l’écologie de Debra Granik et le temps de l’exil selon Rithy Panh.