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La confédération nationale. Les communs et la démocratisation de l’État

Les limites des communs sont aussi celles de la démocratie, notamment face aux structures de gouvernement. Le municipalisme envisage de remplacer ces dernières par une confédération d’assemblées communales, sur l’exemple du mouvement des Gilets jaunes ou de la révolution soudanaise.

Les pratiques et le vocabulaire des communs se sont développés fortement depuis le début des années 2010, dans une situation de domination du néolibéralisme à l’échelle globale. Les communs ont relancé, à l’échelle locale, un mouvement de démocratisation de l’économie sous des formes auto-organisées, coopératives et communautaires. Ils ont lutté contre la métropolisation de l’action publique, permettant l’intégration des écosystèmes locaux et des relations avec les non-humains. Ils ont été notamment portés par les « mouvements des places », qui ont fait réapparaître l’assemblée dans l’espace public. Le développement des communs s’est donc accompagné d’un fort dynamisme démocratique contre-hégémonique, dont cet article cherche à explorer les différents processus et à analyser leurs potentialités préfiguratrices des institutions démocratiques d’une société écologique mondiale.

La démocratie de communisation

La démocratie est consubstantielle aux communs : en tant que lieux auto-institués et auto-organisés de partage d’activités et d’usages, les règles qui définissent les droits des participants et leurs manières d’être sont issues de la démocratie comme pratique de délibération et de prise de décision.

Toute la pensée des communs dans sa diversité fait de la démocratie une caractéristique sine qua non des communs. Elinor Ostrom considère par exemple « l’autogouvernance démocratique » comme une dimension essentielle des communs

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Pierre Sauvêtre

Maître de conférences en sociologie à l’université Paris-Nanterre, il a notamment dirigé, avec Christian Laval et Ferhat Taylan, L’Alternative du commun (Hermann, 2019).

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La démocratie des communs

Les « communs », dans leur dimension théorique et pratique, sont devenus une notion incontournable pour concevoir des alternatives à l’exclusion propriétaire et étatique. Opposés à la privatisation de certaines ressources considérées comme collectives, ceux qui défendent leur emploi ne se positionnent pas pour autant en faveur d’un retour à la propriété publique, mais proposent de repenser la notion d’intérêt général sous l’angle de l’autogouvernement et de la coopération. Ce faisant, ils espèrent dépasser certaines apories relatives à la logique propriétaire (définie non plus comme le droit absolu d’une personne sur une chose, mais comme un faisceau de droits), et concevoir des formes de démocratisation de l’économie. Le dossier de ce numéro, coordonné par Édouard Jourdain, tâchera de montrer qu’une approche par les communs de la démocratie serait susceptible d’en renouveler à la fois la théorie et la pratique, en dépassant les clivages traditionnels du public et du privé, ou de l’État et de la société.