Do not follow this hidden link or you will be blocked from this website !

Dans le même numéro

Le passé d'un oxymore. Le débat français de politique étrangère

novembre 2017

#Divers

Le débat français de politique étrangère

Mon grand-père était atlantiste. En 1964, alors sénateur indépendant de Meurthe-et-Moselle, rapporteur pour avis de la Commission des affaires étrangères du Sénat, il résumait ainsi sa position : « Oui à la loi de programme militaire, oui à l’effort d’armement et d’équipement nucléaire ; mais à la condition que cet effort s’inscrive dans la défense du monde libre, que loin de menacer la cohésion de l’alliance atlantique, elle en assure l’avenir. » À ses yeux, il fallait « une organisation communautaire de la défense de l’Europe […] assumant, dans le cadre de l’alliance atlantique, le rôle d’un partenaire égal en droit aux États-Unis d’Amérique », autrement dit un pilier européen de l’Otan1.

Deux ans plus tard, comme d’autres à droite ou à gauche (dont François Mitterrand), il s’opposa au président Charles de Gaulle sur la sortie du commandement militaire intégré de l’Otan, la jugeant hypocrite. « C’est à l’abri de cette sécurité américaine que vous vous donnerez les apparences de vous en passer », dit Jean Lecanuet dans le même débat au Sénat2. Face aux atlantistes, le général de Gaulle imposa cependant sa vision d’une force de frappe française autonome, pilier d’une politique étrangère d’ind

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !

Justin Vaïsse

Spécialiste d'histoire américaine, il a notamment travaillé sur le néoconservatisme (Histoire du néoconservatisme, Paris, Odile Jacob, 2008) et sur la politique internationale des Etats-Unis. Après avoir été chercheur à la Brookings Institution de Washington, il a ensuite pris la direction du Centre d'analyse, de prospective et de stratégie du Quai d'Orsay.…

Dans le même numéro

« Une vie bonne, avec et pour autrui, dans des institutions justes » : la célèbre formule par laquelle Paul Ricœur définit la « visée éthique » autorise de libres prolongements qui sont proposés dans ce dossier coordonné par Jean-Louis Schlegel. La justice réduite aux revendications égalitaires n’équivaut pas encore à l’expérience du bon.