Notes de lecture

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Dieu de la Bible, dieu du Coran de Jacqueline Chabbi et Thomas Römer

Entretiens avec Jean-Louis Schlegel

mai 2021

Ce livre vient, avec bonheur et clarté, combler notre ignorance quant à la réalité historico-critique de la Bible et du Coran. Jean-Louis Schlegel y interroge, de manière précise et incisive, deux éminents spécialistes : Thomas Römer, professeur au Collège de France reconnu pour ses travaux sur l’Ancien Testament, et Jacqueline Chabbi, historienne et anthropologue. Ils s’attachent à déconstruire historiquement ces textes millénaires sur la fabrication des deux monothéismes, leurs différences ou similitudes, leur chronologie et leur mise par écrit.

Le Yahvé de la Bible est d’abord un dieu local, le dieu de Jérusalem, qui, au fil du temps, pour des raisons politiques, va supplanter, sans les faire disparaître, tous les Yahvé protecteurs qu’on trouve dans cette région. Dieu de l’orage, un peu comme Baal, il est accompagné d’une parèdre, Ashera, déesse de la fécondité, et il réunit progressivement sous son nom d’autres divinités, connues notamment sous les noms d’El et d’Elohim. L’évolution vers la conception d’un dieu Un, puis d’un Dieu unique, s’étale sur plusieurs siècles et subit les influences assyriennes et babyloniennes. Vers 622, on décide à Jérusalem qu

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !
Seuil, 2020
304 p. 22 €

Annick Jamart

Historienne, elle s'intéresse à la Belgique contemporaine et préside diverses associations culturelles. Elle a publié divers articles dans la revue Esprit sur la crise institutionnelle belge et son fédéralisme atypique.

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Force structurante de notre modernité, le libéralisme concentre ces dernières années toutes les critiques. Mais lorsque certains fustigent la société du tout marché, l’individualisme et l’égoïsme contemporains, l’élitisme, les inégalités ou l’autoritarisme, est-ce bien à l’idée libérale qu’ils en ont ? La démocratie peut-elle se passer du libéralisme ? C’est à ces questions que s’attache ce dossier, coordonné par Anne-Lorraine Bujon. Le libéralisme y apparaît d’abord comme une tradition plurielle, capable de se renouveler et de se combiner avec d’autres courants de pensée politique. Timothy Garton Ash le définit comme une méthode plutôt qu’un système : « une quête interminable pour déterminer le meilleur moyen de bien vivre ensemble dans les conditions de la liberté ». À quelles conditions, et dans quelles formes nouvelles peut-on défendre aujourd’hui l’idée libérale ? À lire aussi dans ce numéro : l’Allemagne après la réunification, les pays baltiques, la mémoire selon Ernest Pignon-Ernest, une lecture de Nœuds de vie de Julien Gracq, et la vie de Konrad von Moltke, le délégué de la nature.