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La violence sexuelle après Hollywood

Depuis qu’Asia Argento a accusé de viol le réalisateur américain Harvey Weinstein, le monde de Hollywood (mais pas seulement) s’est mis à parler de la récurrence du harcèlement et de la violence sexuelle. Ces révélations provenant de Hollywood ont eu plus d’efficacité et de portée politique, que la parole qui avait été prise par les femmes de chambre aux Etats-Unis, après les accusations portées par Nafissatou Diallo contre Dominique Strauss-Kahn en 2011 ou que celle qui a été prise récemment par la femme politique Sandrine Rousseau. Les accusations d’Asia Argento ont produit un raz-de-marée et l’affirmation d’une tenace intransigeance vis-à-vis de la violence sexuelle. Une transformation étant en cours, on peut dire que ces révélations et le mouvement qui a suivi, ont un caractère historique. Jusqu’à quel point cependant notre histoire politique doit-elle être redevable à Hollywood ?

La polémique qui a éclaté récemment à propos de la tribune visant à libérer « une autre parole » a pour intérêt de montrer que depuis que la parole s’est « libérée », nous ne parlons pas vraiment ou du moins pas encore

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Aïcha Liviana Messina

Professeure de philosophie à l’université Diego Portales au Chili, auteure de Poser me va si bien (P.O.L, 2005), Amour/Argent (Les éditions du Portiques, 2011), L’anarchie de la paix (Cnrs, à paraître en novembe 2018).

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Comment se fait aujourd’hui le lien entre différentes classes d’âge ? Ce dossier coordonné par Marcel Hénaff montre que si, dans les sociétés traditionnelles, celles-ci se constituent dans une reconnaissance réciproque, dans les sociétés modernes, elles sont principalement marquées par le marché, qui engage une dette sans fin. Pourtant, la solidarité sociale entre générations reste possible au plan de la justice, à condition d’assumer la responsabilité d’une politique du futur. À lire aussi dans ce numéro : le conflit syrien vu du Liban, la rencontre entre Camus et Malraux et les sports du néolibéralisme.