Portrait de la jeune fille en feu : Photo Noémie Merlant | Copyright Pyramide Distribution
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Portrait de la jeune fille en feu

septembre 2019

Céline Sciamma semble vouloir reproduire l’ambition du Mystère Picasso (1955) d’Henri-Georges Clouzot : représenter sur grand écran, de façon réaliste, les secrets de la création graphique.

Cet article est dédié à Mohammed Rasoulof, cinéaste condamné à un an de prison ferme le 23 juillet dernier en Iran.

Des premiers gestes sur fond blanc, cependant que le générique se déploie. En commençant son film par de courts plans sur les toiles encore vierges ­d’apprenties peintres sur le point de tracer les contours au crayon, en cadrant de si près, au long de son récit, les ajouts de couleurs et les nouvelles esquisses de son héroïne, Céline Sciamma semble vouloir reproduire l’ambition du Mystère Picasso (1955) d’Henri-Georges Clouzot : représenter sur grand écran, de façon réaliste, les secrets de la création graphique.

En effet, bien plus que son sujet, un amour de quelques jours entre une peintre, Marianne (Noémie Merlant) et son modèle, Héloïse (Adèle Haenel), qui doit épouser un noble milanais – le portrait à terminer, après une première tentative par un autre artiste, devant servir de première entrevue à l’époux –, c’est la forme qui impressionne dans ­Portrait de la jeune fille en feu, malgré son Prix du scénario obtenu au dernier festival de Cannes. Ce film historique représente la soci

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Louis Andrieu

Etudiant à Sciences-Po Paris, cinéphile, il écrit sur le cinéma, les contenus audiovisuel et les images dans la Revue Esprit depuis 2013.

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Le dossier, coordonné par Anne-Lorraine Bujon et Isabelle de Mecquenem, remet le sens de l’école sur le métier. Il souligne les paradoxes de « l’école de la confiance », rappelle l’universalité de l’aventure du sens, insiste sur la mutation numérique, les images et les génocides comme nouveaux objets d’apprentissage, et donne la parole aux enseignants. À lire aussi dans ce numéro : un inédit de Paul Ricœur sur la fin du théologico-politique, un article sur les restes humains en archéologie et un plaidoyer pour une histoire universaliste.