Par Livioandronico2013 — Travail personnel, CC BY-SA 3.0,
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La philosophie politique du Mouvement 5 étoiles

Le populisme du Mouvement 5 étoiles au pouvoir en Italie invoque la volonté générale et les intérêts du peuple, mais néglige les médiations et contrôles démocratiques. Son usage de la fiction nationale cultive le mirage d’une société sans conflits, tentation totalitaire au cœur de la démocratie.

Premier parti aux élections italiennes de mars 2018 avec 32 % des suffrages exprimés, le Movimento Cinque Stelle signale une dis­continuité dans la vie politique européenne. Et pourtant cette discontinuité ne peut être comprise que si l’on se concentre sur les éléments de continuité, encore plus forts, avec le débat italien des vingt dernières années mais aussi avec la tradition issue de la Révolution française, dont il représente une sorte de reductio ad absurdum. Si l’offre politique du parti fondé par le comique Beppe Grillo avec l’entreprise Casaleggio Associati est certes vague, voire contradictoire, elle repose malgré tout sur un certain socle métapolitique qu’il est intéressant d’examiner. Le parcours idéologique qui a conduit à la formation du « gouvernement du changement », une coalition entre le Mouvement 5 étoiles et la Ligue néo-nationaliste de Matteo Salvini, est représentatif de l’air du temps que l’on respire en Italie comme dans beaucoup d’autres démocraties occidentales.

Le populisme, est-ce encore
la faute à Rousseau ?

Le pouvoir italien a produit son propre poison. Ayant eu recours à d’imposants mythes politiques pour fonder s

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Raffaele Alberto Ventura

Philosophe, il écrit dans la presse italienne (Il Foglio, Linus) et collabore avec le site Le Grand Continent. Il est l’auteur d’un ouvrage paru en italien sur la crise de la classe moyenne, Teoria della classe disagiata (minimum fax, 2017).

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Le terrorisme djihadiste pose une question de confiance à la démocratie. Comment comprendre que des jeunes soient séduits par cette idéologie et s’engagent dans la violence ? Quel rôle y joue la religion ? Le dossier, coordonné par Antoine Garapon, observe que les djihadistes sont bien les enfants de leur époque. À lire aussi dans ce numéro : Mai 68 en France et en Pologne, le populisme du mouvement 5 étoiles, une critique de l’Université, ainsi que des commentaires de l’actualité politique et culturelle.