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Jude Stéfan. Exercices d'exorcismes

juil./août 2018

Il y a une singularité d’écriture propre à Jude Stéfan. Un style, aimerait-on dire, quoique curieusement l’expression semble ne jamais s’appliquer à la poésie mais être réservée à la prose. Un poème de Jude Stéfan se reconnaît au premier coup d’œil. Ou d’oreille, si l’on préfère. Pourquoi ? L’analyse n’est pas simple. Bien qu’il s’en défende, ce poète normand – manière de le situer très vite dans la géographie avant de passer à l’essentiel – est un formaliste. Il compose des poèmes courts, n’obéissant assurément à aucune règle prosodique fixe, dont la disposition sur la page dessine pourtant un profil assez régulier. Comme on croit deviner un sonnet, on se met aussitôt à chercher les quatorze vers fatidiques pour s’apercevoir que leur auteur s’ingénie, chaque fois, à les manquer. Soit il en fait treize, soit il en donne quinze voire plus quelquefois, seize ou dix-huit, toujours demeurant à portée du modèle «souverain». En voici un, choisi au hasard des pages, puisqu’ils ont tous un air de famille.

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Jacques Darras

Poète, essayiste et traducteur français, Jacques Darras est né en Picardie maritime dans les régions du Marquenterre et du Ponthieu (Bernay-en-Ponthieu). Fils d’un couple d’instituteurs il fréquente le Lycée d’Abbeville puis est élève d’hypokhâgne et khâgne au lycée Henri IV à Paris. Il est admis à l’ENS rue d’Ulm en 1960, hésite sur quelle voie suivre, lettres classiques ou philosophie,…

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Assistons-nous au triomphe de la xénophobie ? Les exilés ne sont plus les bienvenus dans notre monde de murs et de camps. Pourtant, certains font preuve de courage et organisent une contre-politique hospitalière. Ce dossier estival, coordonné par Fabienne Brugère et Guillaume le Blanc, invite à ouvrir le secours humanitaire sur un accueil institutionnel digne et une appartenance citoyenne réinventée.