Jaroslaw Kaczynski via Wikimédia
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Pologne : Kaczyński tient bon

mai 2021

La politique menée en Pologne par Jarosław Kaczyński provoque un mécontentement croissant dans la population, comme en témoignent les manifestations qui ont suivi l’interdiction de l’IVG dans le pays. Toutefois, le pouvoir tient bon, et l’opposition n’est pas en mesure de proposer une alternative convaincante.

Les atteintes aux principes du droit européen se multiplient en Pologne. Chaque fois, elles rencontrent de fortes contestations, mais le pouvoir ne recule pas. On a l’impression que Jarosław Kaczyński, vice-Premier ministre et de fait chef du gouvernement, est sourd, qu’il bâtit imperturbablement son pouvoir autoritaire et que, depuis six ans, les réformes introduisent un changement radical – ce que le parti Droit et Justice (PiS) appelle le « bon changement ». La Pologne, selon un think tank suédois, serait passée d’une « démocratie libérale » à une « démocratie électorale » et subirait une « autocratisation » rapide, comme la Hongrie, la Turquie ou le Brésil1. Le constat, sans doute exagéré, traduit néanmoins une inquiétude.

En réalité, les durcissements autoritaires du régime ne rencontrent plus le même assentiment. Les résultats des dernières élections ont laissé paraître la montée d’un mécontentement et ces protestations, qui révèlent plutôt la fragilité du régime, indiquent tout autant l’existence de transforma

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Jean-Yves Potel

Historien et politologue, spécialiste de l’Europe centrale (IEE – université de Paris 8), il a publié Les Disparitions d’Anna Langfus (Noir sur blanc, 2014).

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Force structurante de notre modernité, le libéralisme concentre ces dernières années toutes les critiques. Mais lorsque certains fustigent la société du tout marché, l’individualisme et l’égoïsme contemporains, l’élitisme, les inégalités ou l’autoritarisme, est-ce bien à l’idée libérale qu’ils en ont ? La démocratie peut-elle se passer du libéralisme ? C’est à ces questions que s’attache ce dossier, coordonné par Anne-Lorraine Bujon. Le libéralisme y apparaît d’abord comme une tradition plurielle, capable de se renouveler et de se combiner avec d’autres courants de pensée politique. Timothy Garton Ash le définit comme une méthode plutôt qu’un système : « une quête interminable pour déterminer le meilleur moyen de bien vivre ensemble dans les conditions de la liberté ». À quelles conditions, et dans quelles formes nouvelles peut-on défendre aujourd’hui l’idée libérale ? À lire aussi dans ce numéro : l’Allemagne après la réunification, les pays baltiques, la mémoire selon Ernest Pignon-Ernest, une lecture de Nœuds de vie de Julien Gracq, et la vie de Konrad von Moltke, le délégué de la nature.